Auracaria, communément appelé "Désespoir des singes" dressé dans la nuit, désespéré d'avoir pris racine dans un pays sans singes.
Textil Mode Zentrum de Zürich, tristement sinistré.
Au festival du film de Locarno, l'UBS, l'un des sponsors les plus en vue, soigne son image en parrainant un feuilleton sur la sodomie - coproduit avec la Banque Nationale Suisse. L'intrigue sera révélée cet automne, lors de la prochaine hausse des taux.
Nous scellons, dans le partage de deux desserts glacés, un moment d'amitié. L'addition, 28 balles, nous fait roter la double crème de cette inoubliable célébration.
J'aime parler de rien. C'est le seul domaine o� j'ai de vagues connaissances.
Facétieuse jeune fille en devenir.
Lorsque se rejoignent la peinture et la photographie, le passé et l'instant, le cadre et le hors cadre, la maîtrise technique et le geste spontané?
A l'Igedo Fashion Fair de Düsseldorf du 22 au 24 juillet, les défilés se succèdent les uns aux autres. Défilés d'acheteurs, de mannequins, de jeunes gens coincés dans la fashion attitude, fashion attitude qui oscille entre convenances et transgression. Défilé de fake wild girls, de vieux beaux élégants qui ont des peaux de rhinocéros et des regards de Husky. Défilés de jeunes adolescentes qui se tortillent avec des regards de mépris pour l'innocence. Puis défilés des marques qui rivalisent d'imagination pour alpaguer les clients : Sirop - Café - Turbulence - Pure Instinct - Saint-Tropez - Tiger - Sensation - Rayure - Petit-Chou - Nice - Mer du Sud - Majestic - La Plus Belle - Meduse - Iris - Everybody - After Eden etc? mais c'est Hypernature, la marque pour schizophréniques dans le vent qui m'a le plus touché.
Catherine expose des photographies prises au c?ur de la forêt amazonienne, majestueuse cathédrale de verdure, estomac primitif qui semble digérer encore la naissance du monde. On se renifle les conversations dans la glaciale galerie branchée mitterand+cramer qui, non climatisée, nous rejette sur le trottoir. Cacahouètes et verres de blanc?. Un accordéoniste avec ses deux enfants, voit de la lumière, vient nous jouer ses airs et nous met en joie. La petite qui a un sourire fendu jusqu'aux oreilles, tend un gobelet et quête quelques pièces pour la musique qui, nom d'un chien, donne alors un peu d'humanité à ces guindés menuets que sont les vernissages.
Viva la musica qui nous relie à l'instant, et la soirée fût belle?
A cheval sur la lumière!
Nous mangions sur une terrasse, lorsque, à quelques cinquante mètres, un cri nous fit relever le nez de nos assiettes et interrompre la conversation. Un homme venait de sauter, là, dans le tourbillon. Agitation, attroupement. Un badaud enlève en hâte ses chaussures, tombe sa veste, plonge, rejoint l'homme qui hurle dans l'eau en faisant la planche. Etranges hurlements mêlés d'angoisses et de joie. Joie d'avoir osé sauter alors qu'il devait se rendre au bureau, au travail, accomplir son destin de wagonnet qui descend dans la mine guidé par les rails ? Ou cri de désespoir ? Envie d'en finir ? Me reste l'image de ces deux hommes accrochés l'un à l'autre emportés en douceur par le Rhône?
Sale! même très sale, mais plus personne ne le remarque. On s'y est fait.
Le charme de ces petits autels qui célèbrent le bonheur de sa propre existence - sur les murs des cuisines, sur les buffets des salons - petites stèles de papier qui accrochent le temps qui passe.
Dans le bleu des yeux du ciel.
Quelle foutaise de se vautrer dans la satisfaction de croire qu'une belle image fait un bon photographe.
Quelle belle satisfaction de croire qu'un bon photographe peut se vautrer dans la foutaise.
Quelle image foutaise que la belle satisfaction d'un photographe qui croit qu'il se vautre.
Bref, être simple, c'est pas simple.
Les catholiques, via le Pape, replacent l'église au milieu du village et affirment être les seuls dépositaires du message christique.
Rire, entourés de tournesols, permet provisoirement de repousser l'intolérance - c'est prouvé! Ca marche! On l'a fait.
Le hasard, le plus grand des artistes.
Meubler les aires d'autoroutes avec des avions de chasse, si seulement ce fantasme débile pouvait se généraliser, et transformer en épouvantails ces machines à tuer?
LES LEGROUP en cerises sur le gâteau d'anniversaire de Marianne.
Apologie des vainqueurs, goût de l'excellence et foutaises du même crû en brassées polychromes pour vendre des bières, des montres de luxe, du service bancaire pendant que les pauvres affûtent les lames?
La beauté unique, multiple, jamais répétée des nuages?
Aujourd'hui :
Pluies puis ciel tourmenté, repas avec Zoran, on parle de la guerre, des Kosovars, des enfants, de la nécessité de donner sans compter?
?plus tard, Yves qui va mal, que sa femme veut quitter parce qu'elle s'ennuie, des nuages qui assombrissent son regard?
?le ciel se dégage, Anne va partir à vélo avec son fils pour un tour en Suisse?
?Lutz à la librairie du musée de l'Elysée qui vernit son livre Protokoll, son humilité, sa joie de partager ses émotions, Luc, Zalmaï, les amis tout autour, les nouilles plus tard à l'agence Strate?
?les jours qui passent, et nous emportent, les mots et les images qui nous obligent à freiner, revenir en arrière, considérer, trier, choisir?
?la beauté du glaçon qui fond dans l'eau chaude?
Et Singer, juste avant de s'en aller : « Demain, comme tous les jours d'ici ou d'ailleurs, sur ce versant ou sur l'autre, est désormais mon jour de naissance. »
Vert de rage parce que la couleur ne change pas la nature d'un mur.
La pluie est un cadeau du ciel - proclame à chaque fois qu'il pleut, mon ami Mongol.
Je sais si peu de choses de lui et pourtant nous nous croisons au moins une fois par mois depuis 20 ans.