GE
...pendant que je cherche mes mots, un hélicoptère de l'armée découpe l'air en tranches au-dessus de la campagne. En rondes obsédantes. Un prisonnier a dû s'échapper de la prison toute proche. Je pense à lui, à son souffle d'animal traqué, pendant qu'un âne braie, qu'un merle s'époumone, qu'une moto ronronne, qu'un enfant crie...
Le cà âur de l'évadé doit battre comme celui de cet écureuil qui plongeait d'une cime à l'autre pour échapper à l'appétit vorace d'une martre.
Allez, tant pis pour l'évadé et l'écureuil, je me suis assez trituré les neurones, je me replonge dans Putains meurtrières de Bolaño...
[Francis Traunig]