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La semaine uneparjour... 21 juillet 2026

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Il y a des mois que ça dure. Quelques années. La cacophonie est si constante que l'âme s'efface. L'âme c'est ce qui trace la route, ce qui te fait choisir d'aller à gauche à droite de s'arrêter ou de mourir. De choisir de dire 'il est dimanche et il pleut' ou bien de prononcer 'aujourd'hui je vais tuer quelqu'un'.

Sans la présence de l'âme, comment pourrais-tu dessiner une image ? Et comment raconter une histoire ? Comment lever les bras ou tirer la jambe en avant ? Comment te plonger dans un rituel ?

Le garçon nu assis avec la nuque raide reçoit une image. C'est un cadeau. Reçu d'une femme qu'il aime bien, quand ils sont ensemble ils rient souvent. Sur l'image on voit une montagne, elle est belle, on voit aussi la femme avec un appareil dans la main. Mais tout n'est qu'illusion. Une vitre invisible introduit la cacophonie.

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Ah je crois que j'ai compris, tu voulais faire un selfie de la belle montagne ! C'était une drôlement bonne idée au lieu de toujours tenter de faire des jolis selfies de nos vieilles gueules autrefois d'amour ! Mais une grande vitre a choisi de s'intercaler là au milieu pour casser la relation, la vitre voulait rester discrète, comme quand les politiciens choisissent de faire une guerre mais que les citoyens ne doivent pas comprendre l'arnaque avant que les balles leur traversent la peau.

La vitre qui aurait dû rester invisible a oublié de cacher ses bordures de métal. Évidemment cette intrusion presque invisible, ça change tout. Finalement nous ne cessons jamais d'être séparés par toutes sortes de vitres qui font semblant d'être transparentes, nous restons séparés du paysage, nous restons séparés de notre enfance, nous resterons séparés de nos amants, et quand tu as un peu de courage devant ton miroir (aïe encore une vitre !) il te faut bien constater que tu es encore séparé de toi-même par un truc invisible...



La seule chance il me semble afin de rejoindre la montagne, le paysage, le réel, les copains, et surtout soi-même, c'est que chaque fois que tu crois voir quelque chose qui a l'air tellement beau tellement réel et qui est si fortement relié avec toi, comme la montagne dans l'image reçue en cadeau, et bien tu t'avances avec résolution la tête bien penchée en avant et tu cognes avec acharnement dans le vide ! Comme ça chaque fois qu'il y a une vitre tu essayes au moins de la briser !

Le garçon nu assis la nuque raide a beaucoup pratiqué ça, mais il reconnaît que la plupart du temps alors qu'il fonce en avant, bien résolu comme un vilain bouc rageur en train d'attaquer sa propre image dans le miroir, finalement il n'y a aucun choc et ça ne casse rien, ça ne rencontre rien non plus et ça n'établit pas le contact avec la montagne qui t'attend au loin comme une amoureuse....

Mais au moins comme l'élan fantastique qui a été donné dans le bel enthousiasme ne rencontre aucune résistance, le garçon nu se casse simplement la gueule par terre, et on peux dire que là, là enfin, il rencontre le réel, sur les méchants cailloux du chemin ou sur autre chose de bien dur, comme cela vient de lui arriver à Naples justement, où il a fini à quatre pattes par terre et où une énorme trottinette qui traînait par là a décidé de basculer et avec la pointe de son guidon hyper lourd lui a explosé un doigt ! Ah enfin une fois le réel ! Et entre lui et le réel, au moins pour une fois, aucune vitre, juste une jolie giclée de sang.

C'est quand même mieux que le vide et la séparation non ?

Ah la séparation ! La barrière ! La frontière ! L'autre ! L'étranger ! Le mensonge !

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Le flixbus roule depuis quelques heures. L'intérieur du bus est chaud. Soudain tu dois aller pisser. Tu te lèves, tu te déplaces jusqu'à l'escalier de la porte médiane, tu descends les quelques marches, tu constates qu'il n'est pas marqué "occupé" sur la porte et tu t'en réjouis, tu presses la poignée, tu pousses, et là tu dois réfléchir à quelle partie du corps tu vas devoir enfiler en premier, il faut un peu de stratégie, sinon tu risques de te trouver à genoux sur la cuvette plutôt qu'assis. Tu constates qu'il n'y a pas de papier cul. Tu fais marche arrière, dans une tentative pour inverser la stratégie d'introduction du corps dans l'espace exigu. Si tu as de la chance tu ressors. De toute façon tu renonces à pisser.

Une heure trente plus tard, le flixbus sort de l'autoroute, il s'arrête en plein soleil. Juste à côté d'un espace jeux d'enfants. Disons un jeu "pour" les enfants. Parce que ce n'est pas du tout un jeu d'enfant d'entrer là dedans. Le garçon nu assis à la nuque raide qui a eu besoin de pisser aimerait jouer un moment à la balançoire, ça lui rappelle des souvenirs de la petite enfance. L'herbe très verte de l'espace enfant et attirante. L'espace est entouré de grilles peintes en vert, vert comme l'herbe. Le garçon fait le tour de l'extérieur de la grille, il ne trouve pas de porte d'entrée.

Comme il n'a pas pu atteindre les balançoires, il se souvient de l'image reçue en cadeau de la femme avec la montagne très belle mais inatteignable. Il constate que les vitres sont parfois remplacées par des grilles. Il se concentre alors avec énergie malgré son besoin de pisser et bientôt il réussit à créer la sensation que son corps glisse dans l'air comme sur une balançoire pour enfants, ça plonge en avant, les bras tirent sur les cordes pour accentuer l'élan et après le creux de la vague ça remonte, ça remonte vers le ciel. Au plus près du ciel il y a un ralentissement, puis un instant de suspens qui te donne le vertige, puis ça repart dans l'autre sens dans une nouvelle chute, cette fois en arrière, puis ça remonte vers le ciel mais cette fois tu ne le vois pas le ciel bleu, parce qu'il est dans ton dos et tes yeux se contentent de regarder l'herbe verte sous tes pieds. Et ainsi de suite. Le garçon nu à la nuque raide est assis sur une balançoire imaginaire et constate qu'il n'a plus besoin de pisser.

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Il y a une règle. Certains humains apprécient énormément les règles. Tu dois déposer chaque jour une image ou un texte fabriqué de ce même jour. Mais comme "les pères ont choisi de se taire", que "les mères ont remué leur lèvres mais n'ont pas été écoutées", et que "l'animiste ne retrouve plus son âme", tout devient difficile. Comment déposer des images ou des textes qui ont disparu en même temps que l'âme, ou qui ont peut-être été fabriqués mais qu'en l'absence de l'âme tu ne reconnais plus du tout - "mais non ça ne peut pas être moi qui ai fabriqué ça"!

Quand la séparation par les vitres éloigne tout, quand l'absence efface l'âme, quand la cacophonie t'abasourdit, les règles ne sont plus droites du tout, les crayons n'ont plus de mine, les règles servent de barreaux aux prisons, alors il vaut mieux que les règles se mettent à couler des ventres des femmes, au moins c'est comme l'âme qui s'échappe dans la mort, et ça va recréer la possibilité de la vie, sans aucune règle bien droite et sans barreaux de prison.

'Lil' Bobby Hutton avait 17 ans, les pigs de Auckland avaient ordre de le tuer, le boulot a été fait. Selon la règle, bien droite comme un barreau de prison ou comme un flingue ou comme un phallus en érection.

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Le garçon à la nuque raide n'est plus assis, entre-temps il est arrivé à Milan. Depuis longtemps son cerveau est pris en tenaille entre l'oreille gauche qui ne s'érotise que sous les bruits aigus et l'oreille droite qui ne bande que pour les sons graves. Ça doit être pour ça qu'il imagine que chaque chose qui existe, qui fonctionne ou qui a choisi d'être statique comme un caillou, il imagine que tout ça, ça a une âme. Ses oreilles ont une âme, une pour chacune. Leurs âmes leur ont accordé le désir de jouer à désarçonner le cerveau. Il ne va pas gronder ses oreilles puisqu'elles ont une âme chacune. Il ne va quand même pas leur refuser le droit de déconner.

Directement c'est le cerveau qui subit la première conséquence. Le cerveau, qui a une âme, à lui aussi droit de déconner et d'emmerder la suite du corps. Alors c'est le bordel. Personne n'a rien choisi, personne n'est le chef, mais ça déconne sec. Il n'y a plus de stabilité, l'équilibre est fragile, ça tangue et ça vacille. Dans les couloirs du métro milanais quand il faut monter des escaliers, avec un sac sur le dos, les pattes, qui ont une âme, perdent la verticale, et l'horizontale aussi d'ailleurs. Il y a du brouillard dans la tête et le corps zigzague sur toute la largeur des escaliers sauf quand il peut s'accrocher à une main courante.

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Milan est une ville sérieuse. On la quitte. Train. Durée 3h. Sortir du train, ça vacille encore. Intérieur de Gare. Vitres partout. Ici c'est Naples ! Le vacillement traverse une porte vitrée. Place de la gare, Naples, Napoli. Comme les cailloux, comme les scarabées, comme les chemises à fleurs, comme les pompes à vélo, comme parfois les humains, Naples ça une âme. Bordel infini. Le cerveau débranche instantanément. Le corps est aux commandes. Joie. Les oreilles font les folles. Chacune pour elle-même. Aucune règle. Pas de limite. Il y a plus de chef dans le corps. Les muscles décident. Le sang, les nerfs, les yeux qui en prennent plein la gueule, chaque organe se sent exister.

Il n'y en a qu'un qui ne joue pas le jeu, qui boude. Le bon vieux vacillement - tu sais celui qui était tout puissant dans les escaliers du métro à Milan ! Les oreilles lui envoient encore plus n'importe quoi que d'habitude. Il est un peu gêné de sa connerie. Il baisse la voix. Il se tait. Tout le monde s'en fout de lui. Peut-être qu'il s'éclipse discrètement le vacillement. Personne n'a besoin de lui. Ciao.

Le garçon assis n'a plus la nuque raide, il s'est mis debout. Le garçon les yeux au ciel regarde maintenant tout autour de lui. Le garçon nu ne vacille plus. Le garçon nu rit et fonce tout droit dans le bordel napolitain. Arrive face à lui un aveugle qui tire des bords plein milieu du trafic sans regarder, il n'a pas de canne blanche. Le garçon nu et l'aveugle se font un court signe de la main... Les voitures klaxonnent gaiement comme pour un mariage.

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Ce corps là, il marche depuis très longtemps. Des jours. Dans la lumière éblouissante. Mais depuis un moment tout a changé. Maintenant c'est sous la terre, dans le sombre. Les yeux de chouette fatiguent. Les couloirs parfois couverts de mosaïques incompréhensibles défilent défilent, c'est comme une prison, on dirait toujours le même mur, toujours le même mur, pourtant on est parfois tout au fond et d'autres fois presque à la surface. Et puis escalier, et alors ce corps vacille en travers des marches. Ou alors escalator, et alors ça te donne une instant de repos.

Et il y a eu le soleil avant. N'oublie pas ! D'autres escaliers dans la lumière. Beaucoup de petites rues avec les klaxons et les machines à deux roues qui te frôlent.

Pour l'instant plus de soleil ni d'espace infini, c'est l'ombre et le noir. Des portes s'ouvrent, on se laisse entraîner, on entre dans une longue machine de fer.

On reste figé à l'intérieur d'un serpent dans le noir, un serpent qui gronde et siffle, avec des portes qui s'ouvrent parfois, et des sièges pour les fatigués. On s'assied. Le serpent dans le noir ne digère pas les corps qu'il avale sans cesse , il les pousse seulement plus loin, travailler, retrouver la maison, touristiquer mais ne rien risquer , continuer, une heure de plus, un jour de plus, parfois vite courir voir le nouveau-né à la maternité !

Ce corps là, maintenant assis, il laisse la respiration retrouver sa musique , il recommence d'entendre les bruits du corps derrière le bruit des roues, il reprend conscience de son cul sur le siège dur. Mais le sombre est vivant. Le sombre défile, défile, le serpent coulisse avec un bruit de fer dans des tuyaux de pierre, parfois une lumière éclate, quand les portes s'ouvrent, certains captifs s'enfuient dans d'autres tuyaux de pierre, peut-être pour se jeter dans le corps tortueux d'un autre serpent, les portes se referment, les autres captifs et les nouveaux captifs ont des visages neutres, rêvent-t-ils de lumière ? Rêvent-t-ils de tenir un bébé dans les bras ? Ou rêvent-t-ils plutôt de serrer le corps d'un homme ou d'une femme dans les bras nus dans le chaos des draps ? Rêvent-t-ils de toujours courir plus loin ou de se faire avaler par les serpents de fer ? Rêvent-t-ils de la fin du monde ou du début de l'épisode du feuilleton ? Rêvent-t-ils de chanter dans la forêt ou de crier devant la mer ?

Mais il faut de nouveau bouger. Encore une fois. Toujours couloirs. Damné. Bosch. Enfer. Les petites séquences de lettres sur des panneaux dansent dans les yeux flous, elles ont dit que c'est comme ça, il faut se lever, il faut se remettre sur les jambes, il faut repartir dans le noir, escalier, ascenseur peut-être, fatigue.

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Espace d'Art de Chabrillan. MONTELIMAR

installation de mon exposition photo imminente

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Portraits de rue

Place du Marché. Montélimar

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Matin du vernissage de mon exposition.

Ménage exécuté dans la joie, notamment par Marina

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Esla & Alix dans le cadre de mon exposition

Espace Chabrillan. Exposition " Montélimar aux 1001 Visages, Venez vous voir !

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Portrait de Rue : Cyril Mister nougat

Rue Pierre Julien. Montélimar

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