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///le tournage ne sera pas difficile
pour moi en tout cas
juste quitter l'ombre du parasol
pendant quelques minutes
mais lui l'arabe va devoir se fatiguer
en plein soleil
à faire tournoyer son sabre indéfiniment
visage très très en colère !
on lui fera recommencer et recommencer la prise.
pendant qu'il se démène
moi tranquille sous le parasol
[]
///et puis contre-champ sur moi !
simplement debout calme et souriant
puisque je domine
et puis ACTION !
à un moment je saisis avec nonchalance le flingue
le sors de son étui
toujours mon sourire merveilleux de blanc
le pistolet se lève ... et tout calme je tire
une seule balle suffit
l'arabe s'écroule, mort
toute son excitation ne lui aura servi à rien du tout !
[]
///tellement comique !
je vois la scène comme si j'y étais
un spectateur banal
n'importe où sur la planète
même un arabe éventuellement
j'admire le film, je le vis avec passion
je regarde l'arabe se démener avec son sabre
la scène fait bien comprendre .. c'est évident
il n'a aucune chance
je suis le héros et l’acteur blanc la star
tous savent que je vais juste faire quelque chose de tout simple
et le triomphe écrasant bien sûr !
[]
///effectivement écrasant !
les hurlements de l'arabe deviennent lassants
ses gesticulations nous fatiguent
alors je fais un petit effort
lever le petit pistolet
je ne vise même pas je suis une star
le coup part et l'arabe tombe
l'amérique gagne toujours
c'est normal
[]
///le merveilleux
c'est ce qui se passe dans la salle
juste après la fin lamentable du pauvre arabe
dans cette salle où j'imagine que je pourrais être
n'importe où dans le monde
mais exactement de la même manière partout
dans des millions de salles sur toute la planète
et par cumul ainsi avec des centaines de millions de spectateurs !
qui se roulent de rire ...!
[]
///aussitôt l'arabe tombé
un immense bruissement s'élève
dans tous les fauteuils ça glousse ça éclate de rire
ça crie des moqueries ça fait trembler les rangées de fauteuils
tant les fous rires secouent les corps
ah qu'est-ce qu'on se marre !
ah qu'est-ce qu'il est bon ce film !
ah qu'est-ce qu'il est con l'arabe !
nous au moins
nous avons la technologie pour nous
nous sommes tellement supérieurs
[]
///je ne m'en rends pas encore compte
à ce moment là-bas où j'imagine ça
mais beaucoup plus tard ça m'arrivera de temps à autres
une courte honte ... avoir joué cette scène ...
encaissé les dividendes ... bien participé aux guerres des décennies suivantes ...
mais à peine quelques secondes hein !
je ne vais pas m'alourdir et attrister ma vie
pour juste un arabe ridiculisé, non ?
pour un primitif qui n'avait pas compris
qu'il valait mieux de laisser tomber
aucune chance face à un blanc comme moi !
bien d'accord avec moi, hein !
[]
En Inde, les villes sont remuantes, animées d'une circulation intarissable et chaotique de taxis, rickshaws, bicyclettes... Pourtant, au milieu de cette cacophonie, on apercevra toujours le voile léger d'un sari porté avec élégance par l'une de ces femmes imperturbablement belles et inaccessibles au tumulte ambiant.
BREAKING NEWS
Le départ en bus a été retardé à cause des manifestations qui secouent l'Inde ce samedi 10 octobre. C'est à la réception de l'hôtel qu'on m'a averti que la police bloquait certaines rues de Delhi.
Ces manifestations en Inde sont portées par le Parti du peuple des cafards, un mouvement de contestation de la jeunesse et de la Génération Z fondé en mai 26. Le nom vient d'une qualification méprisante (traitant les jeunes chômeurs de « cafards » et de « parasites.
Le mouvement dénonce le chômage massif des jeunes, les fraudes et fuites à répétition lors des examens universitaires et concours nationaux (comme les concours de médecine), ainsi que les soupçons de manipulations. Même en Inde la jeunesse à des problèmes et je pense que le mouvement est mondial car la jeunesse d'aujourd'hui, face à ces rats qui nous gouvernent, doit faire face à de multiples défis économiques, sociaux et psychologiques.
ADORATION AU SOLEIL DES ANIMAUX
L'adoration du soleil levant et du soleil couchant est un fait commun chez les oiseaux et autres animaux. Le soleil est leur Dieu. Aussi, dès que va paraître le Maître du Jour, les aigles se mettent à tournoyer dans le ciel de l'Orient ; les singes s'immobilisent, silencieux au sommet des arbres ; les écureuils eux-mêmes interrompent leur éternelle chasse aux noix et restent tout tranquille sur leur branche jusqu'à ce que la venue de la lumière soit chose accomplie. Ils observent de la même façon le coucher du soleil. Le sentiment religieux est aussi nécessaire à l'homme qu'à ses frères cadets les animaux, ces âmes privées de la parole, mais dont le silence est plus éloquent que les discours humains
LA KORA
Dans le bouddhisme tibétain et la tradition Bön, une kora désigne un rituel de circumambulation, c'est-à-dire l'acte de marcher en boucle autour d'un lieu ou d'un objet sacré. Ce rituel fait partie intégrante de la vie quotidienne et spirituelle des Tibétains, combinant à la fois le pèlerinage physique et la méditation en mouvement.
Les bouddhistes tibétains effectuent toujours la kora dans le sens des aiguilles d'une montre (en gardant le site sacré à leur droite). En revanche, les adeptes de la religion pré-bouddhiste Bön (Bönpos) la réalisent dans le sens inverse
Tout en marchant, les pèlerins accumulent du mérite spirituel en faisant tourner des moulins à prières, en égrenant un chapelet et en récitant des mantras comme le célèbre Om Mani Padme Hum.
Le temps d'un souffle profond
L'homme penche
Le corps en surcharge
Les os tassés
Inaptes au présent du monde
Phares silencieux
Topographes sensibles
Ils captent le bas bruit
Les affreux fissurent le réel
La terre grince sous leurs pieds nus
Insaisissables
Considérant la dangerosité de vivre
Ils rodent avec le vent
Le feuillage qui s'ennuie
Chevauche le nouveau monde
Les porteurs de peaux
S'électrisent aux narcotiques
En effritant la silhouette
Les sonars essoufflés
Traversent la frontière sensible
Sans témoin
Les bords de mer
Érodent le vivant
Fournaise assiégée
Poignée de mots fumants
La pluie ne tombe plus
Ils creusent la poussière
Une tache dans la tempête
Déchire le ciel
Les jours s'écroulent
Dans le courant des lunes
Les danseurs de rêves
Piétinent les destins
Débranchés du monde
Exalté du vibrant
Dans les herbes hautes
Les reptiles se suicident
Pour éviter la noyade
Sur le bord de la route
L'espace s'agite
La trace s'effrite
Les sardines électriques
Contemplent les moutons hystériques
Contre les heures qui passent
Le soleil béton
Liquéfie le bitume
Sous un tapis de ciel
Les visages d'acier
Branché sur les montures volantes
Propagent la nuit folle
Le spectateur du carnage
Glisse
Sur les géants de pierre
Les peaux nues
Diluées dans les murmures
Les mots falaise
Témoin du monde qui grince
Collision d'écho
Le vent glisse
Sur la journée métallique
Trop imbibée
La pluie rince la pierre
Lumière bruyante
L'oiseau mazouté
S'exhibe
Chair nue
Crash du corps sans plume
Hurle à l'envers
Le piaf rejoint le ciel
