Le garçon regarde son doigt éclaté plus ou moins raccommodé, il se prend d'affection pour ce doigt, comme il se prend d'affection pour le bus fou et pour les quelques passagers qui n'en peuvent plus de rire, et pour le corps qui a envie de tomber sans arrêt, mais il continue quand même ...
Putain de confort !
Les blancs et les riches veulent maîtriser. Ils ont pris l'habitude d'être les maîtres. Les maîtres des choses, les maîtres des corps, les maîtres de la parole, les maîtres de la guerre, les maîtres du monde. Si tu es le maître, tu maîtrises. Si tu es le maître ton doigt ne se laisse pas écraser par le guidon d'une trottinette. Si tu es le maître, les trains ne disparaissent pas et les bus ne deviennent pas fous. Tu maîtrises et tu contrôles. Tu t'es donc coupé du réel. Tu t'es retranché, tu t'es tranché des choses.
Nous sommes séparés.