23h47, le sac à dos tombe par terre, le corps se déshabille, le garçon à la nuque raide est de nouveau nu , il pisse d'abord, et puis penché sur le minuscule lavabo dans le couloir faire couler l'eau du robinet ... attendre qu'elle soit bien froide approcher le visage du flux blanc scintillant de l'eau, un peu comme le serpent de métal dans le sombre, mais plus gai oui plus gai, avancer des lèvres et les entrouvrir sentir le remue-ménage comme celui d'un torrent dans la montagne, frais rapide sautillant et se mêler à ce flux en dérober une petite partie grâce aux lèvres et à la langue et le flux sautillant dévié coule au fond de la langue de la bouche toujours sautillant et frais ça plonge dans les tuyaux ça descend dans le corps partout jusqu'à ce que ce flux ce soit mélangé à tous les rythmes du corps, sang qui circule pensées épuisées qui ne peuvent s'arrêter le dernier morceau de pain avalé dans le train qui n'est plus qu'une bouillie et continue de descendre et tous les rythmes font une musique la musique du corps, la musique de la vie, mais ce soir la vie est épuisée, fermer le robinet, se redresser, marcher en vacillant couloir chambre le matelas est par terre ne plus se retenir debout se laisser tomber comme une mort ne plus penser ne plus réfléchir ne plus sentir replonger dans le ventre maternel se laisser mourir heureux, tout s'arrête tout se tait il n'y a plus rien...