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Le temple de Jagatipatt se trouve dans la cour ouverte du château de Naggar, un ancien fort transformé aujourd'hui en hôtel. Selon la légende, les dieux et les déesses se sont transformés en abeilles et ont coupé une dalle de pierre du pic Bhrigu Tung pour l'apporter au temple afin de faire de Naggar un lieu divin. Une autre croyance associée au temple est que la dalle de pierre, qui se trouve maintenant dans le temple, a été taillée dans le Deotiba, le plus haut sommet du district de Kullu. Les habitants croient également que les divinités se rassemblent ici pour protéger les gens des calamités.
La porte du temple est pratiquement toujours fermée. Le temple Jagatipatt inspire le respect aux habitants et en cas de catastrophe naturelle, comme un tremblement de terre, les habitants des villages voisins se réunissent ici pour discuter de la marche à suivre. Ils accomplissent aussi collectivement des rituels et des offrandes aux dieux dans le temple Jagatipatt.
J'avais déjà assisté il y a 30 ans, dans le château de Naggar, bien différent d'aujourd'hui, à une de ces cérémonies ; cette dernière m'avait beaucoup impressionné. Ce qui m'avait frappé, c'était que la divinité qui se trouvait dans le palanquin, choisie une personne dans l'assistance ; celle-ci commence à avoir des tremblements et se met soudain à prophétiser ; à ce moment la musique s'était arrêtée et tout le monde rassemblé dans la cour écoutaient dans un silence profond l'homme, qui à travers lui, la divinité intercédait. Aussitôt qu'il eut fini sa prophétie, le prêtre coupa la tête à un bouc puis répandit le sang sur la pierre triangulaire qui se trouve dans le temple de Jagatipatt.
Cette année j'ai pu filmer la cérémonie, avant qu'on m'avertisse qu'il était interdit de faire des photos et de filmer. Trop tard, j'avais la scène principale dans la boîte.
Le temple de Phoohari Baba se trouve dans les montagnes profondes de Naggar Jihiri. Ceux qui viennent ici se débarrassent de toutes leurs théories et se libèrent de tous les maux et souffrances physiques, disent les habitants. Les gens des villages éloignés viennent ici et prennent un bain dans les kundas (bassins d'eau) dans la prémisse du temple.
Les habitants disent qu'à l'époque ou le grand sage Baba Phoohari vivait ici et faisait ses pratiques spirituelles (Tapasya), il y avait une grotte près du temple qui, selon les locaux, était un chemin secret et un raccourci vers différentes parties du monde que le baba Phoohari utilisait pour voyager dans différentes parties du monde simultanément.
Il y a une vingtaine d'année j'ai vu l'entrée de la grotte, mais aujourd'hui, apparemment, un glissement de terrain a bouché le trou. À l'époque, je n'avais pas osé m'aventurer dans ce trou, car je n'avais pas envie de me retrouver nez à nez avec un cobra. Certaines légendes racontent qu'Ajurna, disciple de Krishna, aurait utilisé cette grotte pour se rendre à Manikaram, à environ une soixantaine de kilomètre à vol d'oiseau.
Les bas-reliefs usés par les siècles, la forme classique du toit, le bois vieilli des poutres, tout parle de l'âge vénérable de ce temple de Krishna datant du 11ème siècle.
M'invitant à m'asseoir sur un petit tapis, le pujari allait m'honorer en effectuant son puja. Le pujari est le prêtre effectuant le puja, cérémonie dévotionnelle envers la divinité du temple ; dans le cas présent, le dieu que nous allions vénérer était Krishna.
Le pujari commença à exécuter avec précision des gestes rapides et sûrs suivant le rythme de ses incantations traditionnelles. Tous les éléments étaient présents : la terre, l'eau, le feu. L'air et l'espace. Attentif à ces moindres gestes, je suivais la cérémonie, m'imprégnant de ses paroles en un sanskrit incompréhensible.
Combien de fois le pujari avait-il répété les mêmes gestes ?
Un espace ancien s'était ouvert, le temps d'un puja et je me pris à me féliciter d'être monté là-haut sur cette colline pour partager un moment de paix avec la divinité et le prêtre de ce Krishna Temple.
Je me pris également à rêver, car selon une tradition, il est dit que c'est ici même, qu'aurait été écrit le Mahabharata, la grande épopée sanskrite de la mythologie hindoue.
« Bonjour, tu es la plus belle fleur que j'ai jamais vue. »
« Bonjour, tu es le plus beau corbeau que j'ai jamais vu. »
Le corbeau et la fleur se saluent l'un l'autre.
Le corbeau protègea la petite fleur lorsque l'orage s'abattait sur l'arbre. Il lui racontait aussi ses mauvais rêves. Mais plus tard, une légère brise d'automne caressa la fleur et elle s'envola, le corbeau saisit un dernier pétale. Un goût sucré et acidulé se répandit dans sa bouche. Il avait hâte de la rencontrer à nouveau au printemps prochain. Mais cela peut-il vraiment se réaliser ?
c'est pas si facile ... ils mettent des annonces pour dire que les maisons NE SONT PAS A VENDRE !
"ATTENTION
ATTENTION
MAISON FAMILIALE
PAS A VENDRE
PAS DE NEGOCIATION
MALHEUR AUX ACHETEURS
[photo Adèle au Cameroun]