Milan est une ville sérieuse. On la quitte. Train. Durée 3h. Sortir du train, ça vacille encore. Intérieur de Gare. Vitres partout. Ici c'est Naples ! Le vacillement traverse une porte vitrée. Place de la gare, Naples, Napoli. Comme les cailloux, comme les scarabées, comme les chemises à fleurs, comme les pompes à vélo, comme parfois les humains, Naples ça une âme. Bordel infini. Le cerveau débranche instantanément. Le corps est aux commandes. Joie. Les oreilles font les folles. Chacune pour elle-même. Aucune règle. Pas de limite. Il y a plus de chef dans le corps. Les muscles décident. Le sang, les nerfs, les yeux qui en prennent plein la gueule, chaque organe se sent exister.
Il n'y en a qu'un qui ne joue pas le jeu, qui boude. Le bon vieux vacillement - tu sais celui qui était tout puissant dans les escaliers du métro à Milan ! Les oreilles lui envoient encore plus n'importe quoi que d'habitude. Il est un peu gêné de sa connerie. Il baisse la voix. Il se tait. Tout le monde s'en fout de lui. Peut-être qu'il s'éclipse discrètement le vacillement. Personne n'a besoin de lui. Ciao.
Le garçon assis n'a plus la nuque raide, il s'est mis debout. Le garçon les yeux au ciel regarde maintenant tout autour de lui. Le garçon nu ne vacille plus. Le garçon nu rit et fonce tout droit dans le bordel napolitain. Arrive face à lui un aveugle qui tire des bords plein milieu du trafic sans regarder, il n'a pas de canne blanche. Le garçon nu et l'aveugle se font un court signe de la main... Les voitures klaxonnent gaiement comme pour un mariage.