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seUL au miLieu du déSerT
C'est un voyage au souffle court
Dans le monde fendu
où les cendres ne refroidissent pas
Un pèlerinage sans escale
Récit de l'itinérance d'un vagabond
Chercheur à la sueur d'un battement
Sanctuaire à ciel ouvert
Offrande aux illuminés mystiques
Ces découvreurs d'itinéraires dissimulés
Interceptant les signaux cosmiques
Le sable froid sous les ongles
La peau brûlée du silence
Seul au milieu du désert
Assoiffé
Desséché par l'ignorance
Les veines remplies de lumière
L'oracle des entrailles du monde
Le cœur battant la poussière
Hurle son innocence
Le voyageur fantôme
n'est pas un fragment d'univers
Il est l'univers
Ses os vibrent sous les étoiles
Ma poussière devient désert
Guérisseur des steppes avortées
Le festin nu peut commencer
Enfermé dehors
Immergé dans le brouillard de ville
Silence toxique
Plongée profonde
Sous la surface du monde
De blanc vêtu comme un missionnaire abîmé
Englouti dans sa folie
Blanche neige exilée dans l'enfer de la rue
Il transpire
Il brûle
Il respire
Au ras du sol
Tu contemples le monde
Invisible tu fuis l'ennui les poches vides
Des heures d'errance
Pour un locataire du vide
Sourd du vacarme de la foule
Blessé du bruit humain
A l'affût du démarrage
Le corps désertique
Usé
Marginal
Patient de la rumeur du monde
Les poches pleines de poussière
Épargné de la morsure du monde
Son corps est une antenne
Traversé du cosmos
Survivant qui dérive
Le banquet des paranos
Dans les murs
Atomiser par les corps blancs
Une sorte de rage / colère / errance
Déviance d'un ordinaire
Avalé par le fracas des chariots de fer
Descente sur le quai
J'ai senti le vent du métal
A la marge crasse
Pardonné de la bonne étoile
Le choc
Sonné des mots
La bouche sèche / gorge creuse
La malice du groupe
Au centre de contrôle tristesse niveau 2
Mon cœur antarctique
La braise éternelle consume le dedans
Mon corps brûle
J'attends la soif / le bruit / le vent
J'attends le souffle
Le fantôme affaibli ne se raconte plus
La boîte noire contient le récit des crashs
Le tunnel en sueur
Sous les pieds nus / écran noir
Mes tempes hurlent
Les jours noirs essorent la douleur
Sous les néons blafards
Le sol s'est vidé
Le banquet des paranos
Trahi la légende
Quand tout finit derrière la porte
Grâce au frottement des marées
L'homme penche
Le corps en surcharge
Les os tassés
Des contrariétés trop affutées
Inaptes au présent du monde
Ils bifurquent
Hors des axes
Dans les marges
Dans les plis
Dans les creux
Dissidents du réel
A contre-courant de la foule
Usés des sons de la ville
Sourds des signaux célestes
Phares silencieux
Topographes sensibles
Ils captent le bas bruit
Les affreux fissurent le réel
La terre grince sous leurs pieds nus
Cognent dans l'humus vivant
Ils rodent avec le vent
Miroir sur un homme qui attend
Arrivé par effraction sur une route qui s'effrite
Au sommet des forêts
Récit sans témoin
Charisme d'une insuffisance
Qui souffre le monde
J'erre en pilotage automatique
Régulation anonyme
Les corps lourds des vents rouges
Pièce de rechange pour humain dépouillé
Le temps d'un souffle insignifiant
Je me fragmente
Jusqu'à poussière
Je féconde le profond
De mes cris intérieurs
Insaisissable densité d'un ciel brun
Je reprends les commandes d'un espace hors sol
Considérant à nouveau la dangerosité de vivre
