Certains pèlerins partaient pour implorer la fin de la sécheresse ou encore la fin d'un fléau comme par exemple la peste noire.
CHEMIN FAISANT : Je suis parti du Puy et sur les 60 km je n'ai trouvé sur le Chemin qu'un seul bar ouvert où j'ai pu boire une bière. J'implore Jacques la fin de la sécheresse, car le manque de troquets fermés est un véritable fléau.
CHEMIN FAISANT : Malgré les douleurs aux pieds, au dos et aux jambes, je commence de trouver le Chemin vraiment sympa (Saint Pas). Se qui m'enchante se sont les rencontres avec les gens du pays. Ils ne sont pas encore dans le boom touristique et ils ont le temps de parler avec vous et en 4 jours j'ai déjà rencontrer de drôles personnages. Je loge à la Butte aux oiseaux, premier jour d'ouverture du gîte et le patron connais Porrentruy où j'avais mon bar le Pépin. Et en parlant il connait des gens que j'ai fréquenté il y a 40 ans.
Aumont-Aubrac était au carrefour des antiques voies d'Auvergne et de Lyon-Toulouse. On pense qu'Astérix et Obélix ont du passer par-là dans leur tour d'Auvergne.
CHEMIN FAISANT : Au départ de St-Alban on m'a averti qu'il y aurait la tempête et des vents de 100 km/heure. Très encouragent avant le départ de la marche. Durant cette étape du vent il y en a eu, même très violent. Une bonne occasion pour interroger les éléments. Je me suis couché dans une forêt de pins et j'ai attendu.
Le vent m'a expliqué que c'est tout à fait normal que je souffre au début de mon Chemin. Avant de s'occuper de l'Esprit, il faut d'abord s'occuper de son corps... L'écouter... L'analyser... L'engueuler... C'est une des premières étapes que le pèlerin doit emprunter... Le corps, l'esprit quand à la libération c'est pour plus tard.
CHEMIN FAISANT : Une étape de 26 km, 8 heures de marche et une journée dantesque sur le désert herbeux et caillouteux du plateau de l'Aubrac. Les premiers kilomètres j'étais très optimiste sur ma marche, j'avais l'imprrssion que j'allais échapper à la pluie. Ce n'était qu'une impression !
Le vent a commencé à souffler violemment, rendant la marche pénible, puis la pluie c'est mise à tomber. Pluie et vent me fouaitaient le visage. Aucun endroit pour s'abriter, aucun endroit pour se reposer. Le grésille s'en est mêlé, j'avais les mains gelées et parfois je devais lutter avec le vent pour avancer. Moi qui rêvais de faire des photos de l'Aubrac, impossible de sortir mon appareil photo. Comble de malchance, quelques kilomètres avant d'arriver à Nasbinals, je veux me reposer sur un rocher, je glisse et casse un des mes bâtons de randonnée. Bâtons de randonnée qui devaient servir de piquets pour ma petite tente Forclaz. C'est complètement défait que je suis arrivé à Nasbinals.
Comme les coureurs du Tour de France, j'ai décidé de m'octroyer une journée de repos, pour faire le point de ma première semaine et surtout faire la lessive... je ne supporte plus cette odeur de transpiration.
“Dans ce lieu d'horreur et de vaste solitude”... C'est ainsi que les textes anciens évoquent la traversée du pays. On peut imaginer le soulagement qu'avaient les pèlerins à voir ce paysage s'ouvrir devant eux. La vallée de Lot, la causse Comtal au loin et leurs promesses de pain, de vin... De vie.
CHEMIN FAISANT : Promesse de pain, de vin.. Du pain oui du vin que nenni... Le gîte vient d'ouvrir il n'a pas encore fait les réserves. Aujourd'hui on est le troisième jour du printemps, et c'est beau de découvrir chaque jour la nature qui se réveille. Les pensées s'épanouissent, s'alimentent, se rangent dans le bon ordre et vous restez à l'écoute du monde, des bruits de la nature, des feuilles, des ruisseaux, des animaux et surtout commencer à oublier les conneries du monde.
Quitter les pentes des contreforts de l'Aubrac pour un cheminement plus facile, dans la douceur de la vallée du Lot.
CHEMIN FAISANT : Sur le Chemin une pensée m'est venue ! Quand je pense que tous les matins des millions de personnes se lèvent pour aller travailler, dans les bureaux, les usines, les chantiers, les bazars, etc. Et moi je me lève pour aller marcher. Je n'ai que ça à faire mettre un pied devant l'autre. Me mettre à l'écoute de la nature, des gens que je rencontre, Elle est pas belle la vie !
Un beau sourire et un prénom original. Belle rencontre du samedi.
Place Bellecour. Lyon. Premières journées de printemps.