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Gigantesque incendie , on arrose les maïs pour qu'ils ne brûlent pas.

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Festival Messiaen à la Grave; extraordinaire quatuor Diotima qui estompe les Arditti.

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enfin un peu de pluie!

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A l'assaut du Galibier.

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festival Messiaen : magnifique concert de l'ensemble Musicatreize dans l'église restaurée de Villar d'Arène.

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les jambes de l'orage.

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les voitures des touristes ont envahi les villages de montagne.

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DANS L'UNIVERS IL Y A ENTRE AUTRES CONSEILS DE CINQ ET DOUZE

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LE SAINT GRAAL SE TROUVE ICI

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COPIE D'UNE FEMME DANS UNE ÉGLISE

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LUMIÈRE SOLEIL GIVRÉE

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TOURNESOL SANS DESTINATION

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DISSOLUTION DE LA NATURE

Le catastrophe de la technique numérique

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PAR RAPPORT À LA LUMIÈRE

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La maison perdue dans la forêt

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Dario rentre les regains

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Les montagnes bleus

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Premier bolet de la saison

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Au bord de la rivivière

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Une autre époque

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Sur la fleur, la petite bête pose ses ailes et butine au soleil

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Lyon. 17h02. Dans le brûlant du béton un garçon passe avec un révolver en plastique, il gicle l'eau sur les visages, les nuques se détendent , et les yeux partent au ciel, les cervelles reprennent légèrement conscience.

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20h33 le tram est beau comme un carrosse. Le cheval renifle l'écurie. Ça piaffe debout, ça se serre de près dans le véhicule.

Cinquième arrêt. Terminus tout le monde descend. Pas d'explication. La cargaison de corps se déverse et s'étale dans les bordures d'herbe jaunie, ou alors s'assied sur les rebords des trottoirs, les courageux partent à pied. Imaginer le trajet à pied c'est juste une souffrance, un impossible, au moins une heure, alors tu renonces, tu ne veux pas savoir. La route est entravée de corps, les voitures ne passent plus, les minutes passent, mais pas les voitures.

21h03 Un bus , ah bon ! Encore une fois les corps se serrent, beaucoup restent dehors. Départ . D'abord tu reconnais la route, ça semble rassurant. Et puis ça quitte la route, petite rue virage à gauche virage à droite paysage inconnu. Et puis stop. Les portes s'ouvrent . Silence. Comme si tout était fini. Mais le moteur tourne les portes restent ouvertes, il y en a qui s'enfuient. Si tu ne penses à rien si tu restes assis si tu regardes en l'air la nuque raide et le dos fatigué, si tu attends assez longtemps, les portes se referment, toujours silence, le moteur pousse parfois des colères, la carcasse se secoue. Encore des chemins inconnus dans le noir. Bientôt 21h45. Stop. Porte ouverte. Moteur ronronne. Attente. Les découragés sortent, s'enfuient , ceux qui sont restés ont des têtes d'explorateurs perdus en Amazonie. 22h25. Les portes se ferment ça redémarre, toujours silence. Le trajet toujours plus noir toujours plus mystérieux. Finalement on est assez bien installés. On pourrait faire toute la nuit comme ça. Ça dure mais stop. Portes ouvertes moteur qui tourne silence, encore des fuyards, les persévérants deviennent rares. Attente, silence. Tu te regardes avec les rares voisins, les yeux ne sont pas inquiets du tout, ils et elles ont la nuit devant eux après tout. Toujours attendre. Les yeux s'interrogent parfois l'un l'autre, personne ne sait rien et peu à peu il y a comme un virage dans les corps, les joues les lèvres les paupières se détendent les mains s'abandonnent les yeux deviennent malins ils font des signes à d'autres yeux, et peu à peu ça se répand entre les sièges dans la cage mystérieuse du bus où nous sommes enfermés comme des bêtes au zoo, et alors c'est quelque chose de très doux qui commence, par place, éparpillé, à l'avant à l'arrière, quelques petits bruits, ça se répète, ça s'échange, les yeux s'animent encore plus, as-tu fini par comprendre, c'est le rire, oui le rire, ça rit de partout, tu es presque heureux tu ris, tu ris avec ta voisine ton voisin, tu rirais bien avec le chauffeur mais il est toujours caché dans sa cabine et de plus en plus silencieux, alors on rit sans lui, et les portes se ferment et le moteur rage un petit coup pour démarrer sec et ça continue de rouler dans le noir entre des petites maisons dans des jardins...

Et tout à coup au loin comme dans le métro à Naples tu te souviens, on voit de la lumière au bout du chemin ! Ça se rapproche, on rit toujours mais moins fort, ça se rapproche on regarde et bientôt l'engin à moteur débouche sur une grande rue . Presque une avenue . On la connais celle-là. On n'est pas encore là où on veut aller, mais on a avancé. Au bout de l'avenue stop. Et là le moteur s'arrête. Les portes s'ouvrent. Terminus tout le monde descend. Enfin le chauffeur a causé. Cette fois on sort ça a l'air plus sérieux on avance pour demander au chauffeur « ça va pas plus loin ? » non ça va pas plus loin, d'ailleurs lui le chauffeur et il ne sait rien il n'a aucune idée mais il s'arrête là .

23h15. Le sac sur le dos. Et ça recommence. Comme chaque jour, comme toute la vie, tirer le genou vers le haut avancer le pied perdre légèrement l'équilibre pour que la chute vers plus loin te fasse déjà gagné 30 cm, mais tu ne tombes pas ton corps est malin il fait ça depuis si longtemps l'autre pied s'est levé, le corps s'est équilibré, c'est l'autre genou qui s'est levé et qui se projette un peu en avant ce qui fait tomber le corps mais le corps est malin il se rattrape toujours, et cela tu l'appelles la marche, et tu as l'impression que tu vas une fois oublier de tirer l'autre pied là où il faut pour que l'éternité du geste qui se répète puisse continuer, et tu penses de plus en plus que si une jambe renonce, tu vas tomber par terre, avec le sac qui t'écrase qui se décale sur ta nuque et qui te pousse la gueule par terre contre le goudron. Et que tu resteras là et tu décideras de ne plus bouger. Mais ça c'est juste la joie du fantasme, la joie de la fiction, tu as tellement l'habitude depuis tant de jours depuis le tant de mois depuis tant d'années toute la vie, lever un genou le tirer en avant perdre l'équilibre te rattraper avec l'autre pied et continuer... Continuer continuer...

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23h47, le sac à dos tombe par terre, le corps se déshabille, le garçon à la nuque raide est de nouveau nu , il pisse d'abord, et puis penché sur le minuscule lavabo dans le couloir faire couler l'eau du robinet ... attendre qu'elle soit bien froide approcher le visage du flux blanc scintillant de l'eau, un peu comme le serpent de métal dans le sombre, mais plus gai oui plus gai, avancer des lèvres et les entrouvrir sentir le remue-ménage comme celui d'un torrent dans la montagne, frais rapide sautillant et se mêler à ce flux en dérober une petite partie grâce aux lèvres et à la langue et le flux sautillant dévié coule au fond de la langue de la bouche toujours sautillant et frais ça plonge dans les tuyaux ça descend dans le corps partout jusqu'à ce que ce flux ce soit mélangé à tous les rythmes du corps, sang qui circule pensées épuisées qui ne peuvent s'arrêter le dernier morceau de pain avalé dans le train qui n'est plus qu'une bouillie et continue de descendre et tous les rythmes font une musique la musique du corps, la musique de la vie, mais ce soir la vie est épuisée, fermer le robinet, se redresser, marcher en vacillant couloir chambre le matelas est par terre ne plus se retenir debout se laisser tomber comme une mort ne plus penser ne plus réfléchir ne plus sentir replonger dans le ventre maternel se laisser mourir heureux, tout s'arrête tout se tait il n'y a plus rien...

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Le garçon nu assis par terre dans la cacophonie du monde, il ne sait plus, serait-il peut-être animiste ? il ne sait pas il ne sait rien mais dans ces voyages il a croisé son âme c'est un bon signe. Sa nuque serait-elle à nouveau raidie ? Et ses yeux à nouveau tournés vers le plafond et vides ?

Retour. Tout est connu autour de lui, la cafetière italienne toujours à la même place est déjà sous sa main, bien-être, habitude, calme , confort...

Confort ?

Putain de confort !

Le garçon nu la cafetière à la main regarde son doigt éclaté. Il se souvient de l'épuisement sous le poids du sac, le vacillement, le train avec les corps debout, la femme noire au bassin comme une citerne de western, le tram qui renonce et qui s'arrête , le bus fou sur des routes inconnues et les transportés qui s'enfuient peu à peu et les derniers qui rient comme des fous, le dernier trajet à pied, à chaque pas tu penses que tu vas tomber par terre....

Le voyage et la blessure et la difficulté ! C'est étrange, il ne voudrait pas éliminer tout ça.

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Le garçon regarde son doigt éclaté plus ou moins raccommodé, il se prend d'affection pour ce doigt, comme il se prend d'affection pour le bus fou et pour les quelques passagers qui n'en peuvent plus de rire, et pour le corps qui a envie de tomber sans arrêt, mais il continue quand même ...

Putain de confort !

Les blancs et les riches veulent maîtriser. Ils ont pris l'habitude d'être les maîtres. Les maîtres des choses, les maîtres des corps, les maîtres de la parole, les maîtres de la guerre, les maîtres du monde. Si tu es le maître, tu maîtrises. Si tu es le maître ton doigt ne se laisse pas écraser par le guidon d'une trottinette. Si tu es le maître, les trains ne disparaissent pas et les bus ne deviennent pas fous. Tu maîtrises et tu contrôles. Tu t'es donc coupé du réel. Tu t'es retranché, tu t'es tranché des choses.

Nous sommes séparés.

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Oui, le garçon nu n'a plus la nuque raide, il ne regarde plus au ciel, il regarde vraiment avec affection son doigt un peu tordu un peu dévié avec la grosse cicatrice qui fait des bulles et des cloques, et il est ému. Non il ne regarde plus au ciel, il regarde son doigt écrasé, comme il regardait les pavés merveilleux à Naples, comme il regardait l'image perdue dans le sous-voie, comme il pleurait en regardant l'herbe si douce de l'Agneau mystique à Gand. Enfin le réel. Le contact. Le contact doux ou le contact dur, on s'en fout d'ailleurs. La souffrance n'est rien du tout. Ce qui est mortel c'est l'absence.

Peut-être faudrait-il , plutôt que de l'absence, parler de toutes ces choses qui nous paraissent si confortables dans les événements, de toutes ces habiletés un peu lâches de la vie sociale qui réussissent à effacer ce qui est désagréable.

Le doigt écrabouillé qui reprend vie lentement, ça donne au garçon nu la force et la joie d'exister, et même de participer, et il comprend que la chose qui s'écrabouille, que la chose qui ne marche pas comme ça devrait, ça te fait un cadeau extraordinaire ! Ce cadeau c'est que tu cesses de te croire un corps particulier, qui mériterait des égards, une 'personne' très réussie, comme une entreprise cotée en bourse, et que grâce à ce doigt flingué justement, tu ne vas pas continuer de vivre dans une petite tour d'ivoire bon marché en plastique qui te permettrait de regarder autour de toi et de juger les autres, non tu n'es qu'un corps parmi les autres, n'importe lequel sur la planète, tu n'es pas plus, tu essayes de te débrouiller, tu survis, si tu rigoles de temps à autre tant mieux, mais les doigts écrasés et les trains qui foirent, c'est ça qui te donne la force du réel, tu n'es ni un Dieu ni un roi ni à roitelet ni un arriviste arrivé, tu es juste toi-même. Sans grande importance, sauf pour quelques amis si tu as la chance d'en avoir.

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Il est occupé à se brosser les dents, il se trouve face au miroir, ce qui est rare... Il place le doigt bousillé devant son nez comme si ça faisait partie de son visage, et ce nez bousillé en train de guérir, ça lui donne envie de rire, et tous les souvenirs que ça lui ramène remplissent l'énergie son âme et son corps, et une fois que tu as l'énergie et la force, tu ne crains plus de te regarder dans le miroir et de rigoler un bon coup de toi-même ! Avant de repartir gaiement dans la bataille.... Et ça ne cesse pas au dedans de lui-même, ça le remplit d'étincelles de mémoire: le corps qui vacille, et le doigt charcuterie , et le voyage interminable où toutes les connexions ratent, où on est debout dans le couloir et où les bus deviennent fous à 10h du soir et se perdent dans les ruelles noires, tout cela c'est ça qui fait que ton âme existe, que ton corps n'est pas satisfait, que toute ta personne arrête de s'apitoyer sournoisement sur les horreurs du monde, alors que finalement tu te réjouis tout de même, un peu par derrière, de savoir qu'il ne te tombera jamais chaque jour des bombes sur ta jolie gueule à toi , et que jamais tu ne devras regarder comment on tire dans la tête de tes enfants ! C'est quand même rassurant non ?

Non, tu ne vas pas faire ça ! C'est un peu ton doigt qui te le rappelle, tu ne vas pas te réjouir secrètement de ce confort trop agréable...

Le confort efface ton âme. L'admiration de ton image dans le miroir efface ton âme. Chaque fois que tu regardes au loin ceux qui souffrent ou les peuples lointains, et chaque fois que tu les juges du haut de ta petite tour d'ivoire bon marché, parce que tout a été fait pour que tu tu puisses t'acheter bon marché une jolie petite tour d'ivoire en plastique ! Alors tu grimpes presque discrètement dans ta petite tour d'ivoire, qui par son exiguité ressemble au chiotte dans le flixbus, et du coup ton âme tombe dans tes chaussettes et chaque fois que tu marches tu l'écrases inlassablement jusqu'à ce qu'elle en meure et qu'elle ne dérange plus ton confort, à chaque fois tu perds un peu plus le contact au réel et il ne reste bientôt plus rien en toi. Sauf dans tes chaussettes ...

Anesthésie.

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Sacha show

Portrait réalisé dans le cadre de mon exposition " Montélimar aux 1001 visages "
Espace Chabrillan - Jour 12.

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Exhibition de dance. Léa

Cliché réalisé dans le cadre de mon exposition " Montélimar aux 1001 visages "
Jour 13.

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