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Murmure d'un expulsé
Le marchand de panique
Propose le festin des peaux blanches
Ravalé par sa pollution nocturne
Les mémoires résistent
Fondues dans l'atmosphère limaces
Embrumé de pilules
Prophètes miniatures
Le cercle de lumière s'efface
Zéro-temps pour la pensée poussière
La censure
Piège de seringue amère
Broyage d'identités molles
Dans les griffes de mots griffonnés
L'histoire d'un seul absent
Le silence entre en scène
Mise à sac du signifiant
Entorse du cœur captif
Coulée amère pour l'émigrant
Captif de son vertige
Ville postiche
Rivière colorée de terre mescaline
Les corps éponges
Aux épidermes poreux
Hypnose à l'écume d'étoiles
Les frontières englouties sous les arbres nus
Menacent les sommeils chiffrés
Les cailloux tombent sur la banquise
Somnolence spongieuse
Pénombre du spectre spontané
Les corps friables
Sous la morsure du gel
Le sulfure explose la fleur frileuse
Le cœur ratatiné de l'émeute culturelle
Les corps lavés dans la machine
Rouillés des homicides blancs
Mémoire en ruine
Halo de propagande silence
Les systèmes détraqués
Les épaves nerveuses
Accumulent l'acide émotionnel
Équipage du miroir électrique
Friture sur terrain poussiéreux
Le monde s'assoupit
S'enlise dans les mutations numériques
La brûlure culmine dans les écrans
Fournaises d'amphétamines sous les écorces
Diaspora sous la pluie tropicale
Les génies engourdis
Patrouillent à couvert
L'être cru
Sort de sa larve
Insomnie livide
La génération matrix
Mange le monde infrarouge
Anime les automates au cerveau lavé
Les étés mécaniques s'embrasent
Le soleil se dilate
Étire la chair ivre de Pepsi
Témoin de simplicité
Les buées nocturnes emprisonnent les corps sains
Réaniment le rêve gelé sur le rayon des mémoires
Volupté dans les flaques de la révolte
Les visages bleus compilent les anecdotes
Silencieuses
La rue amortit les images nocturnes
Les bus clandestins
Défient les productions d'acides émotifs
Les claviers essorent les codages de la science
Perdu dans les sables phosphorescents
Les craquements mous de la mémoire invisible
La station 19
Ne répond plus aux signaux brouillés
Le trafiquant de la veine
Se dose léger
Le sang affamé
Le ciel vidé
Le monde souterrain élargi les mots ébréchés
Le corps éclaboussé de vertiges
Le sang empoisonné se pulvérise en miettes
Visqueuses
L'écume se retire
Dans la douceur d'une étreinte d'étoile
Ventre mou
Rempli de plomb
Chercheur d'alibis
Encrassé dans la fuite du langage
Sabotage indigne
Grand saut du confort sédatif
Les viandes ricanent à l'agonie
Coma de protéines
Le délinquant décérébré
En hypersomnie
Mure les mots opaques
La peau décollée
Il s'égare dans la foule maniaque
Essuyant les refus de la banquise
Coma léger à 35 degrés Fahrenheit
Le phoque brûle
La charogne clouée aux paupières
Tableau hurlant
La vie pénètre l'image
Contre les vents de marée
Dépendant des lunes visqueuses
Les ombres ordinaires s'électrisent
Nuage cellulaire contaminé
L'espoir bleu métal
D'une conquête exaspérante
Emmuré dans le futur
Le monde à découvert s'enivre
Sur les trottoirs de Philadelphie
Les silences buvards
L'effet papillon d'un anonyme
Sous les ventilateurs invisibles
L'homme caramélisé
Brûle dans une symphonie
Nue et urbaine
Le film se replie dans les cendres
Les hôtels hébergent les anges
Souvent sans le savoir
James, il est venu se voir.
Madeleine et la banane
Elle est venue se voir à l'espace Chabrillan.
Montélimar aux 1001 visages, venez vous voir ! "
Ce corps là, il marche depuis très longtemps. Des jours. Dans la lumière éblouissante. Mais depuis un moment tout a changé. Maintenant c'est sous la terre, dans le sombre. Les yeux de chouette fatiguent. Les couloirs parfois couverts de mosaïques incompréhensibles défilent défilent, c'est comme une prison, on dirait toujours le même mur, toujours le même mur, pourtant on est parfois tout au fond et d'autres fois presque à la surface. Et puis escalier, et alors ce corps vacille en travers des marches. Ou alors escalator, et alors ça te donne une instant de repos.
Et il y a eu le soleil avant. N'oublie pas ! D'autres escaliers dans la lumière. Beaucoup de petites rues avec les klaxons et les machines à deux roues qui te frôlent.
Pour l'instant plus de soleil ni d'espace infini, c'est l'ombre et le noir. Des portes s'ouvrent, on se laisse entraîner, on entre dans une longue machine de fer.
On reste figé à l'intérieur d'un serpent dans le noir, un serpent qui gronde et siffle, avec des portes qui s'ouvrent parfois, et des sièges pour les fatigués. On s'assied. Le serpent dans le noir ne digère pas les corps qu'il avale sans cesse , il les pousse seulement plus loin, travailler, retrouver la maison, touristiquer mais ne rien risquer , continuer, une heure de plus, un jour de plus, parfois vite courir voir le nouveau-né à la maternité !
Ce corps là, maintenant assis, il laisse la respiration retrouver sa musique , il recommence d'entendre les bruits du corps derrière le bruit des roues, il reprend conscience de son cul sur le siège dur. Mais le sombre est vivant. Le sombre défile, défile, le serpent coulisse avec un bruit de fer dans des tuyaux de pierre, parfois une lumière éclate, quand les portes s'ouvrent, certains captifs s'enfuient dans d'autres tuyaux de pierre, peut-être pour se jeter dans le corps tortueux d'un autre serpent, les portes se referment, les autres captifs et les nouveaux captifs ont des visages neutres, rêvent-t-ils de lumière ? Rêvent-t-ils de tenir un bébé dans les bras ? Ou rêvent-t-ils plutôt de serrer le corps d'un homme ou d'une femme dans les bras nus dans le chaos des draps ? Rêvent-t-ils de toujours courir plus loin ou de se faire avaler par les serpents de fer ? Rêvent-t-ils de la fin du monde ou du début de l'épisode du feuilleton ? Rêvent-t-ils de chanter dans la forêt ou de crier devant la mer ?
Mais il faut de nouveau bouger. Encore une fois. Toujours couloirs. Damné. Bosch. Enfer. Les petites séquences de lettres sur des panneaux dansent dans les yeux flous, elles ont dit que c'est comme ça, il faut se lever, il faut se remettre sur les jambes, il faut repartir dans le noir, escalier, ascenseur peut-être, fatigue.
Et puis voilà que le sombre des couloirs s'éclaire là-bas, là-bas tout au fond, on est surpris, on avance plus vite, la lumière ça t'attire. Ce corps vacille, ça lève les pieds avec effort pour ne pas accrocher un relief du sol. Plus on avance dans le couloir plus ça éblouit. Ça aveugle. Dernier petit escalier, les yeux acceptent la lumière, et alors des arbres, des feuilles, l'éblouissement s'adoucit, avancer encore avancer encore, cette répétition accumulée de geste et de désir vers plus loin, plus loin, cet effort si constant, si régulier, qui ne devrait jamais arriver à son bout, et dans cette répétition inlassable tout à coup ... une surprise.
Mais alors vraiment une surprise !
Surprise ! Suspendu dans le vide. Suspendu à l'intérieur d'une seconde , plus aucune répétition, plus aucun effort, toute la séquence de ce corps s'est envolée vers un autre monde inconnu. On ne sait pas encore si ça fait peur, on ne sait pas encore si ça va être terrifiant, on ne sait pas si on va se mettre à rigoler. On ne sait rien du tout pendant cette seconde qui s'allonge s'allonge dans un vide total.
Et alors le suspendu dans l'air et dans le temps, ça cesse. Paf. Et ça s'écrase sur les larges pavés de pierre usée, ces pavés qui portent et poussent sans fin tous les efforts qui se succèdent depuis des périodes, des époques, des civilisations, toujours le même effort les genoux tirés vers le haut, les pieds ou les pattes qui se posent juste un peu plus loin, et le corps qui se laisse presque chuter pour se retrouver en équilibre instable juste un peu plus loin, toujours, toute la journée, toute la vie.
Ce corps ou cette chose reçois dans la surprise un très court instant de calme. À quatre pattes sur la pierre des pavés. C'est presque doux. Tombé. Oui tombé par terre. Très court cet instant, très très court. Presque bienfaisant.
Et puis une certaine partie précise de ce corps devient d'un seul coup le centre de tout. Le centre de tout ce qui se passe, le focus de l'événement - comme disent les faux culs - le focus de la chose, dont on ne sait encore absolument rien, sauf que ça n'a rien à voir avec l'infinie accumulation de pas tirés poussés l'un derrière l'autre depuis si longtemps.
Tout se concentre dans cet endroit précis de ce corps-là, un endroit où il y a de l'os, de la chair par-dessus, pas très épaisse, et un peu de peau assez fine qui tente de tenir le tout plus ou moins ensemble. Il n'y a pas de conscience, aucun esprit ne va si vite, n'oublie pas, il y a tout juste deux secondes que le changement a cogné, et il y a juste la peau la chair et l'os qui ressentent l'événement. Impossible non plus d'analyser la source du choc. Depuis l'instant de la trébuche, et pendant la fraction de seconde presque de douceur à quatre pattes sur le sol, aux quatre coins de ce corps, la chair, les muscles, les nerfs et les forces de réaction tentent de saisir la chose dont on ne sait rien. Difficile de comprendre. Aucune idée de ce qui devrait peut-être être fait pour prévenir, ou éviter, éviter on ne sait pas quoi d'ailleurs qui est en train d'arriver sur ce corps.
En tout cas ce qui cogne sur cet endroit du corps devenu le centre de tout, c'est lourd. C'est lourd et ça cogne fort. La peau n'a pas tenu le choc un seul instant. Zébrée aussitôt d'une déchirure en zigzag. Derrière la protection superficielle qui a déjà laissé tomber son boulot, la chair les muscles s'éclate de manière un peu plus incohérente, un peu moins esthétique que le joli zébrage de la peau. Encore toute blanchâtre la chair avant que le sang (ne ??) commence de réagir et de se précipiter par la brèche. La chair n'envoie pas beaucoup de signaux de douleur, semble-t-il. La chose lourde tombée comme un marteau, l'a traversée sans problème, la petite chair toute mignonne. L'os peut-être à nu déjà, se déforme et s'écrase un peu mais il ne rompt pas. Il envoie dans les circuits de ce corps quelques courtes décharges d'annonce de douleur. Comme la petite information médiatique minimale quand une guerre a frappé chez les arabes, 250 morts, surtout pas de noms, pas de parcours de vie interrompu, ça sortirait de son confort le petit salopard de spectateur assis dans son canapé! Il ne faut surtout pas qu'il risque d'imaginer que ça pourrait lui arriver à lui, là sur son canapé.
Dans ce corps, ça perçoit que probablement l'événement est terminé. Mais il n'y a encore aucune compréhension.
Le corps commence de se lever sur ses bras et ça soulage les genoux et les jambes qui grimpent sur leurs pieds. Il y a des mains qui aident à se mettre debout. Tout reste flou, il y a un peu de bruit de parole, mais pas encore beaucoup de cohérence qui aiderait à comprendre quelque chose. Les yeux parcourent au hasard des parties du corps, celle qui a reçu le choc bien sûr entre autres. Les yeux regardent le sang, c'est un peu rassurant dans un sens, il n'y a pas tellement de sang, ça amène un peu de stabilité dans les perceptions. Et on comprend qu'il faut recommencer, recommencer de tirer sur les genoux, lever les pattes, tirer vers l'avant poser quelque chose du corps un petit peu plus loin dans on ne sait pas quelle direction. Mais en tout cas on y va.
Il y a presque un peu de gaieté, c'est drôle, on a recommencé d'avancer. Il y a maintenant tout un ballet des bruits de voix, il faut parfois écarter la chose blanche qui entoure l'endroit qui a reçu le choc et ce truc blanc se remplit de plus en plus de sang. Quand il faut l'écarter pour montrer à quelqu'un , c'est un peu rigolo, à une petite échelle , c'est une sorte de mignonne boucherie, ou de charcuterie si tu veux. Les voix se penchent s'exclament un peu et tendent le bras dans une direction ou une autre. C'est peut-être par là qu'il faudrait se diriger. Enfin , diriger , comme si on maîtrisait quoi que ce soit. Alors sous le soleil, les pattes se remettent presque au même rythme que depuis si longtemps. Mais avec un peu plus de signification. On sait qu'on cherche quelque chose. Quelque chose qui n'est pas simple à trouver. D'autres voix, d'autres doigts qui montrent des directions, des avancées dans un sens, des retours en arrière, longer des petits rues sombres où il fait un peu plus frais, mais là où on va, c'est de moins en moins clair. Mais enfin on avance toujours.
On a beaucoup tourné, dans des ruelles, et on finit peut-être par arriver quelque part. Un bâtiment blanc. Grilles de fer peintes en vert. Une cour, des véhicules, barrière guichet gendarmes tu soulèves le petit truc blanc plein de sang, ça ouvre les portes, diverses relations avec des humains, attente.
Ce corps est identifié, carte d'identité, il a été allongé sur une table de cuir, rembourrée dur, et couverte d'un drap de papier, et re-attente ... quelqu'un arrive avec une bouteille d'apparence laiteuse avec une pipette recourbée, plusieurs giclées ça arrose les chair jusqu'à l'os, brûlure, brûlure, pas désagréable, efficace, attente...
Ils sont deux pour le boulot de couturière. Une femme et un homme. Recréer la silhouette à peu près raisonnable et perceptible d'un doigt dénudé et massacré. Les quatre mains se mettent au travail, resserrer les bordures du canyon de chair, repousser dedans ce qui a débordé, comme quand tu bourre ton sac de montagne avant le départ de l'excursion, presser, tenir ensemble, autant que possible. puis la machine à coudre manuelle, une sorte de petit sextant avec une aiguille courbe, on pénètre dans la peau d'un côté on traverse le canyon de chair , on retraverse la peau mais cette fois en dessous et vers l'extérieur, on noue le fil noir et on rapproche du mieux que l'on peut les deux bords de la fente dans le paysage fracassé du doigt. Tamponner le sang, ramener encore un peu de matière charnelle, car il y a du boulot, jeter un coup d'œil au blessé pour se faire une idée de son état, enfiler un nouveau fil noir dans le chat de l'aiguille, recommencer un peu plus loin sur la longue falaise de chair. Après une trentaine de minutes les couturiers ont l'air satisfait du résultat.
Debout. Ça ne vacille pas trop.
Intermède : il y a depuis longtemps une grande image, depuis des années, toujours dans le même lieu. Tunnel. Directement à même les pierres du mur. On se met à la chercher. C'est comme ça, à chaque fois, le corps nu désire la voir encore une fois. Mais on ne trouve rien. L'image du tunnel a disparu.
Pas grave , tu peux toujours la raconter. Le garçon nu lui a donné un nom:
souvenir d'une culture avortée...
dans un sous-voie sale et sombre
hors de toute culture
le grand ventre peinturluré de blanc
comme un large paquet d'émotion et de signification
c'est le premier qui attire le regard
le torse tracé brutalement par la veste rouge abandonnée
glisse une giclée de sang dans ce lieu qu'on nomme 'Querelle'
pour tête une des plus banales images médiatiques
jocondée et surdéterminée jusqu'au vomissement
ça fait dans toute cette chose qui parle fort
un trou un vide une absence
comme bijou une coulée de peinture jetée au mur
et tendue vers le ciel de pierre du tunnel
une main animale ou enfantine tient un soleil brisé
l'autre main christiquement clouée
brandit un petit cadre à l'image indéchiffrable
comme le souvenir d'une culture avortée
Le garçon nu a cessé de regarder le ciel et n'est plus assis par terre avec sa nuque raidie. Il se tient debout dans le hall de gare, il ne peut résister au besoin de prendre un billet et de s'en aller. Il n'arrive pas à savoir pourquoi. Pourquoi il lui faut toujours retourner à Gand. Marcher doucement sur les esplanades, lentement se rapprocher de Saint-Bavon, payer la petite contribution, recevoir son billet, monter les escaliers compliqués, sentir l'émotion, la proximité, se retrouver au seuil de la vision, ouvrir les yeux ou fermer les yeux c'est de toute façon la même chose, l'image est là depuis si longtemps, dans la cathédrale et dans les émotions. Il n'arrive pas à savoir pourquoi. S'il y a une des six ou sept chaises qui se trouve libre, il s'asseye. Il laisse le regard subir l'attraction, la nécessité, le désir, la séduction du mystère. Surtout ne pas chercher à comprendre ! Bien sûr l'herbe qui entoure et sépare les divers groupes de personnages et les paysages au fond, cette herbe est encore plus attirante qu'une belle prairie dans la réalité. Tu aimerais tomber par terre et te rouler dans l'herbe et sentir chaque brin d'herbe qui chatouille ta peau. Bien sûr il y a l'agneau sur un support qui pourrait servir de piédestal, il est entouré de présences fascinées. Juste quelques-unes. L'agneau n'a pas un regard particulièrement intelligent, mais sa naïveté et sa simplicité lui donnent sa beauté extraordinaire. Évite plutôt de paraître intelligent mon ami ! Mais les yeux ne peuvent se retenir de toujours retourner à l'herbe, tout simplement à l'herbe, comme une des choses les plus douces de la création.
La peinture de la Renaissance est la peinture d'une des pires époques meurtrière de la civilisation blanche. Pourtant cette peinture représente tous les êtres, même mythologiques divins ou prolétaires, dans une extraordinaire naïveté et on aimerait dire que la beauté vient d'une sorte de laideur des corps, une laideur entièrement dévoué au réel. Jamais aucun être surnaturel, fantastique ou splendide! Non, surtout pas, mais la bêtise, la laideur, le ridicule, qui sont la vraie beauté. Ne sommes-nous pas tous bêtes laids et ridicules ? Et ne sommes-nous pas vrais et beaux ? Pas autant que l'herbe de l'Agneau mystique bien sûr mais tout de même nous avons déjà quelque chose. Cette simplicité dans la peinture de la Renaissance figure vraiment les humains avec la vérité des animaux. Dans les autres panneaux du retable, Adam à gauche en haut et Ève symétriquement à droite, tous les deux nus, et d'une banalité de corps merveilleuse. Si aujourd'hui je devais refaire une image comme celle-là, en toute humilité, je mettrais à Adam un slip et à Ève une culotte, et pour avoir des objets à reproduire j'irais dans le supermarché le plus stupide et j'achèterai le slip et la culotte les moins extraordinaires et les moins coûteux. Un slip et une culotte de pauvresse et de pauvre.
Le garçon nu est debout, la nuque souple, le regard ouvert comme un sexe femelle pour y laisser pénétrer l'image dans tous ses intérieurs, il est immobile mais à l'intérieur de lui tout vibre et se secoue dans une fantastique tempête. Il sait qu'il reviendra à Gand parce que l'herbe verte de l'Agneau mystique l'attire plus que tout.
