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10/07/2026
Des urinoirs saturés
Déverse l'excédent de touristes
Dans les missions tapageuses
Les échoppes récupèrent quelques miettes
Sur les traces tièdes
Du décérébré obnubilé
Des artefacts lumineux
Made in china
Aguichent le blanc
Dépenaillé
11/07/2026
Circuits autonomes
Prestige de l'auto génération
Soyons vandales nihiliste
Taillons les brèches dans l'enveloppe
Conspirons avec l'anomalie
Rupture du flux
Torsion et cassure
Catharsis de la désintégration
Nébuleuse des artefacts du bruit
Se couvrir d'un voile obscur
Pour des imaginaires
De futurs dignes
Impitoyable cyborg
Mercenaire de l'humeur visqueuse
Virus du désordre
Corromps le discours
12/07/2026
(Transition du recueil)
Le corps mutant
Sous les vents atomiques
Catapulté dans le futur
La contagion brûlante
D'un pur artifice
Défoncé à la terreur
Les masses crasseuses
S'offrent le millénaire
Les vandales pullulent
Collision de parasites électriques
Le système est nerveux
Les neurones flottent dans l'éther
L'avatar transcendé
Ensevelie dans la glaise
Inconnu du voisinage
Libres penseurs
Fragments d'imaginaire
Autonomie d'une zone à défendre
Le corps volatile d'une progéniture
Numérique
Enfermée dans les abysses
Océan de 0 et de 1
Les regards dissipés
Hypnotisés de l'éclipse
Informationnelle
Confiscation des septiques
Le bit quantique
Active la gravité suspendue
Le récit des arrachés
Témoignage de débris de mots
Recueil de ramifications
Aux dentelles végétales
L'écho des embruns marécage
Défiant le peuple sans carapace
Les cerveaux contrôlés
Renoncent au délitement des roches
Molles
Le métal dégèle
la nappe transparente
Attaqué du virus contrôle
Les corps s'adaptent
Inerte aux impacts
Station de calibrage
Temps de mollusque
Les mots tombent
Débris de poussière magnétiques
L'épiderme s'oxyde au contact
Gravitation zéro sur les langages
Invariablement
Le combustible incandescent
Attaqué des singes irrités
Le voyage factice de la planète irradiée
Enfermé dans les chambres climatisées
La solitude est un produit
Une dualité de galaxies opposées
À l'ombre d'une source froide
Dans la fumée des émeutiers
À l'écart des orages noirs
Menaçant les idoles
Les mots s'effritent
Neige
L'esprit léger
Les flocons de chair
Tombent du ciel phosphore
Dernier dollar pour poète encore en vie
Le crâne déplumé
Désordre d'Al-Aqsa
Les rails ensevelis
Les wagons sans destination
On murmure dans la glace
Des poisons de soleil mort
Sur les croix tordues
Un accroc
Une fissure
L'infortuné voyageur
Arrache les morceaux de l'image
La machine molle se connecte
Erreur de jugement
Trop tard
De plus en plus violemment au cours des dernières années, je ne peux plus poursuivre ce que j'ai exécuté automatiquement depuis toujours, participer à la vie sociale, fabriquer des images, fermer les yeux sur le mensonge. Il reste pourtant quelque chose: écouter mon corps, écouter ma bêtise, m'insulter joyeusement devant le miroir, avouer mes impuissances et mes perversions. Et tout ça avec une tendre affection pour mon incapacité à tricher.
Il m'arrive souvent d'avoir à disposition des images, mais ma colère m'interdit de les utiliser, et je n'irai pas remplir des trous dans le temps comme les Daltons cassaient des cailloux. Je doute que beaucoup de mes amis UPJ liront ce feuilleton en hommage à la Folie du Voyage, pourtant j'ai tenté comme un furieux d'y rendre visible le dérapage, la blessure, la joie et la survie.
Mais oui tu sais, les petites silhouettes. Les corps à poil. Multitudes accumulées sur des toiles peintes par Jérôme Bosch, dans des paysages vus de haut... Vus par les dieux ? Pas sûr. Mâles aux sexes rabougris, piqués au cul par les fourches des diablotins, petites mamelles des femelles, comme des poires de caoutchouc fatiguées et punies. Enfers ? Purgatoires ? Toujours surveiller, toujours terroriser, toujours punir...
Pourquoi les corps ont-ils si peur de l'enfer, de la douleur, de la mort ? Je ne comprends pas.
"Peut-être que nos pères avaient tort de s'accrocher et de se taire, il n'est jamais bon de se taire..." (uneparjour 06.05.2026)
Et le garçon est nu. Assis sur le plancher, les genoux attrapés entre les bras. Il a la tête au ciel, le regard vide, la nuque raide. ..
Quand tu n'as rien à dire ferme ta gueule.
La vie de 'Lil' Bobby Hutton lui a été arrachée ce 6e jour d'avril 1968 par les pigs de la police d'Auckland. Il avait 17 ans. Il ne se taisait pas.
Le garçon nu avoue parfois qu'il se sent animiste. Comme les sauvage, nègres ou de diverses couleurs. Il ne connaît rien aux religions, il dit ça au sens littéral simplement. Depuis quelques temps, justement, il ne trouve plus son âme, c'est le comble. Il ne la sens plus il n'arrive plus à la tâter, il y a autour de lui tant de bruit, du bruit sans rythme et sans sonorité, une cacophonie infinie de mensonge !
Une chose ou une âme en action, ça s'incarne dans le monde par une insistante succession d'instants, de jours, de trous, de lueurs partielles et de nuits. Quelques paroles, manger, pisser parfois rigoler.
Il y a des mois que ça dure. Quelques années. La cacophonie est si constante que l'âme s'efface. L'âme c'est ce qui trace la route, ce qui te fait choisir d'aller à gauche à droite de s'arrêter ou de mourir. De choisir de dire 'il est dimanche et il pleut' ou bien de prononcer 'aujourd'hui je vais tuer quelqu'un'.
Sans la présence de l'âme, comment pourrais-tu dessiner une image ? Et comment raconter une histoire ? Comment lever les bras ou tirer la jambe en avant ? Comment te plonger dans un rituel ?
Le garçon nu assis avec la nuque raide reçoit une image. C'est un cadeau. Reçu d'une femme qu'il aime bien, quand ils sont ensemble ils rient souvent. Sur l'image on voit une montagne, elle est belle, on voit aussi la femme avec un appareil dans la main. Mais tout n'est qu'illusion. Une vitre invisible introduit la cacophonie.
Ah je crois que j'ai compris, tu voulais faire un selfie de la belle montagne ! C'était une drôlement bonne idée au lieu de toujours tenter de faire des jolis selfies de nos vieilles gueules autrefois d'amour ! Mais une grande vitre a choisi de s'intercaler là au milieu pour casser la relation, la vitre voulait rester discrète, comme quand les politiciens choisissent de faire une guerre mais que les citoyens ne doivent pas comprendre l'arnaque avant que les balles leur traversent la peau.
La vitre qui aurait dû rester invisible a oublié de cacher ses bordures de métal. Évidemment cette intrusion presque invisible, ça change tout. Finalement nous ne cessons jamais d'être séparés par toutes sortes de vitres qui font semblant d'être transparentes, nous restons séparés du paysage, nous restons séparés de notre enfance, nous resterons séparés de nos amants, et quand tu as un peu de courage devant ton miroir (aïe encore une vitre !) il te faut bien constater que tu es encore séparé de toi-même par un truc invisible...
La seule chance il me semble afin de rejoindre la montagne, le paysage, le réel, les copains, et surtout soi-même, c'est que chaque fois que tu crois voir quelque chose qui a l'air tellement beau tellement réel et qui est si fortement relié avec toi, comme la montagne dans l'image reçue en cadeau, et bien tu t'avances avec résolution la tête bien penchée en avant et tu cognes avec acharnement dans le vide ! Comme ça chaque fois qu'il y a une vitre tu essayes au moins de la briser !
Le garçon nu assis la nuque raide a beaucoup pratiqué ça, mais il reconnaît que la plupart du temps alors qu'il fonce en avant, bien résolu comme un vilain bouc rageur en train d'attaquer sa propre image dans le miroir, finalement il n'y a aucun choc et ça ne casse rien, ça ne rencontre rien non plus et ça n'établit pas le contact avec la montagne qui t'attend au loin comme une amoureuse....
Mais au moins comme l'élan fantastique qui a été donné dans le bel enthousiasme ne rencontre aucune résistance, le garçon nu se casse simplement la gueule par terre, et on peux dire que là, là enfin, il rencontre le réel, sur les méchants cailloux du chemin ou sur autre chose de bien dur, comme cela vient de lui arriver à Naples justement, où il a fini à quatre pattes par terre et où une énorme trottinette qui traînait par là a décidé de basculer et avec la pointe de son guidon hyper lourd lui a explosé un doigt ! Ah enfin une fois le réel ! Et entre lui et le réel, au moins pour une fois, aucune vitre, juste une jolie giclée de sang.
C'est quand même mieux que le vide et la séparation non ?
Ah la séparation ! La barrière ! La frontière ! L'autre ! L'étranger ! Le mensonge !
11ème Biennale d'aquarelle de Rochemaure
installation de mon exposition photo imminente
