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Elle n'aime pas que ça s'autogère sans elle. Que des lieux existent en dehors de la logique marchande, la logique de propriété, de hiérarchie.
Tout le long de l'année, elle se bat, élague, tond, coupe, balaye, rase, épure, gère, taille, cisaille, tronçonne, ramasse, composte.
Lui, souffle des graines minuscules. Innombrables. Qui prennent possession des fissures, des recoins, des failles, des bordures, des jachères, des interstices les plus cachés et qui se mettent à pousser. Les racines, millimètre après millimètre, font céder le bitume. Le distordent. Jour et nuit, ça pousse, ça se faufile, ça colonise, ça s'immisce, ça grandit. C'est insolent, c'est minuscule, c'est inarrêtable.
Et la ville se bat, s'épuise contre l'invasion du vivant.
Parce que dans 5'000 ans, des humains nus se tartineront encore d'argile dans le Seyon
Les oiseaux dansent dans le ciel
Et nous enfermés sans faire la fête
On fait la tête
Lorenzo ou Lorenza ?
le voici qui se prend encore pour un ange
qu'il s'envole et qu'on n'en parle plus !
les belles de nuit s'ouvrent en un instant dans la nuit
au matin elles se ferment et disparaissent à nos yeux