216.73.217.71--0.0.0.216GE
Enfermé dehors
Immergé dans le brouillard de ville
Silence toxique
Plongée profonde
Sous la surface du monde
De blanc vêtu comme un missionnaire abîmé
Englouti dans sa folie
Blanche neige exilée dans l'enfer de la rue
Il transpire
Il brûle
Il respire
Au ras du sol
Tu contemples le monde
Invisible tu fuis l'ennui les poches vides
Des heures d'errance
Pour un locataire du vide
Sourd du vacarme de la foule
Blessé du bruit humain
A l'affût du démarrage
Le corps désertique
Usé
Marginal
Patient de la rumeur du monde
Les poches pleines de poussière
Épargné de la morsure du monde
Son corps est une antenne
Traversé du cosmos
Survivant qui dérive
Le banquet des paranos
Dans les murs
Atomiser par les corps blancs
Une sorte de rage / colère / errance
Déviance d'un ordinaire
Avalé par le fracas des chariots de fer
Descente sur le quai
J'ai senti le vent du métal
A la marge crasse
Pardonné de la bonne étoile
Le choc
Sonné des mots
La bouche sèche / gorge creuse
La malice du groupe
Au centre de contrôle tristesse niveau 2
Mon cœur antarctique
La braise éternelle consume le dedans
Mon corps brûle
J'attends la soif / le bruit / le vent
J'attends le souffle
Le fantôme affaibli ne se raconte plus
La boîte noire contient le récit des crashs
Le tunnel en sueur
Sous les pieds nus / écran noir
Mes tempes hurlent
Les jours noirs essorent la douleur
Sous les néons blafards
Le sol s'est vidé
Le banquet des paranos
Trahi la légende
Quand tout finit derrière la porte
Grâce au frottement des marées
L'homme penche
Le corps en surcharge
Les os tassés
Des contrariétés trop affutées
Inaptes au présent du monde
Ils bifurquent
Hors des axes
Dans les marges
Dans les plis
Dans les creux
Dissidents du réel
A contre-courant de la foule
Usés des sons de la ville
Sourds des signaux célestes
Phares silencieux
Topographes sensibles
Ils captent le bas bruit
Les affreux fissurent le réel
La terre grince sous leurs pieds nus
Cognent dans l'humus vivant
Ils rodent avec le vent
Miroir sur un homme qui attend
Arrivé par effraction sur une route qui s'effrite
Au sommet des forêts
Récit sans témoin
Charisme d'une insuffisance
Qui souffre le monde
J'erre en pilotage automatique
Régulation anonyme
Les corps lourds des vents rouges
Pièce de rechange pour humain dépouillé
Le temps d'un souffle insignifiant
Je me fragmente
Jusqu'à poussière
Je féconde le profond
De mes cris intérieurs
Insaisissable densité d'un ciel brun
Je reprends les commandes d'un espace hors sol
Considérant à nouveau la dangerosité de vivre
Parti en fumée dans le sable
Sentinelle avisée
Effrayé d'un silence ordinaire
Hypnose d'un parcours imprévu
Dans les myopies organiques
Le relief se retire
Les porteurs de peaux
S'électrisent au narcotique
Combustible qui incline
Moiteur sur ordonnance
Exquise
Pour supporter l'air vicié
La rue fertile injecte son fluide à la source
Au détour de l'impact
L'improductif perd la trace
Les masques tombent
L'agitation dans la poitrine
Recycle les cendres au creux des yeux
L'encre des nuisances
Celle qui rend coupable
Au cœur de la faille humide
Qui vacille
Déplace
Défait
En effritant le monde
Fréquence qui rayonne
Radiation profonde
Insuffle le fluide qui connecte
Sonar d'une ossature silencieuse
D'un colosse essoufflé
Devenu automate
L'homme
Menace son espèce
L'évitement du temps de plomb
Rouille à l'abord des gouffres
Échec d'une alchimie nerveuse
Le temps s'égare
Dans le feuillage qui s'ennuie
Verrou d'un mutisme immobile
Lâcher-prise dans les légèretés des mousses
Mise à nu pour réanimation
La vie prend racine
Les instincts implosent
Aux passages griffonnés
Les os protègent la poussière
Noyau dur de calcite
Les âmes à l'identité chair
Erode le vivant
Réduisant
Sans témoin
Sans consentement
Les animaux humains
Incurable voyageur
Immobile
Il attend que les rosées passent
Dans l'illusion d'une aurore sabotée
L'impasse
Qui rouille les songes
Dans la peau d'un éclair métallisé
Défoncé dans le désert millénaire
Le samouraï délinquant
Chevauche le nouveau monde
Invisible secousse qui affame
Piégé de la brume qui isole
Les effluves narcotiques
Coagulées
Dans le caillot des rues
Les silhouettes se déplient
Incurable répit
Des matins qui s'égarent
Emmitouflé dans le poème voyageur
L'équipage
En fuite
Sans escale
Sans retour
A la rencontre du visage perdu
